Poutre treillis et poutre de franchissement
Poutre en treillis qui franchit une ouverture où aucun montant ne peut descendre au sol – porche, entrée, auvent – et porte l’échafaudage au-dessus.
Aussi appelé : poutre de franchissement, poutrelle à treillis, pont d’échafaudage, poutre de pontage
Parfois, aucun montant ne doit toucher le sol : l’entrée de cour doit rester carrossable, la boutique du rez-de-chaussée garde sa porte, un auvent barre le passage. La poutre treillis franchit alors le vide et porte l’échafaudage construit au-dessus. Les charges des niveaux supérieurs passent par la poutre vers les montants voisins, puis par les vérins jusqu’au sol.
Elle rend aussi d’autres services : sous un auvent de protection, pour un porte-à-faux, ou pour relier rigidement deux échafaudages roulants. Le guide balcons, oriels, auvents montre les cas typiques.
Construction
C’est un petit treillis : deux tubes parallèles, membrures haute et basse, reliés par des montants verticaux et des barres obliques. Les membrures ont en général le diamètre courant de 48,3 mm pour accepter les colliers. Sur les modèles standard, leurs axes sont souvent écartés d’environ 40 cm ; les poutres pour fortes charges sont bien plus hautes.
- Longueurs : calées sur deux travées, par exemple 4,14 – 5,14 – 6,14 m, avec des modèles plus courts ou plus longs selon le système.
- Matériaux : acier galvanisé ou aluminium, beaucoup plus léger ; en air salin, l’aluminium peut se corroder sans qu’on le voie sous des colliers en acier.
- Liaison : sur cadres, pattes d’extrémité ou demi-colliers soudés sur la membrure haute, membrure basse fixée par colliers ; en multidirectionnel, têtes à clavette soudées. La « poutre de franchissement » désigne souvent une poutre dotée des attaches d’un système donné.
Montage d’un franchissement
- Définir position, longueur et mesures complémentaires d’après la notice, l’homologation ou une note de calcul ; le franchissement se situe souvent juste sous le premier ou le deuxième niveau.
- Monter, régler et amarrer l’échafaudage de part et d’autre jusqu’à la hauteur de la poutre.
- Poser les poutres intérieure et extérieure : membrure haute d’abord, puis membrure basse sur chaque montant ; quelques planchers en travers servent d’appui provisoire.
- Maintenir latéralement les membrures hautes, par amarrage au bâtiment ou contreventement en tube et colliers, typiquement à mi-portée.
- Poser moises, planchers, cadres ou poteaux, protection collective, puis les diagonales et amarrages supplémentaires demandés.
Erreurs à éviter et achat d’occasion
- Laisser la membrure comprimée libre : elle tend à flamber latéralement. C’est l’une des fautes les plus courantes.
- Sous-estimer les appuis voisins : les montants de part et d’autre reprennent beaucoup plus, cales et vérins à soigner.
- Bricoler une poutre maison : seule une résistance connue et justifiée est acceptable.
- À l’achat : rouille aux nœuds sur l’acier, traces de corrosion aux anciens points de colliers sur l’alu, membrures sans bosse. Une poutre faussée ne se répare pas.
Au démontage, la poutre reste en place tant que quelque chose repose dessus. Les poutres disponibles sont listées sous poutrelles d’occasion.