Contrôler des planchers d’occasion : bois, acier ou aluminium
Sur un échafaudage, le plancher est l’endroit où l’on pose les pieds, les seaux et les palettes. À l’achat d’occasion, c’est donc la pièce qui mérite l’examen le plus attentif. Le choix entre acier, aluminium et bois ne se résume pas au prix : il dépend de la classe de charge visée, des conditions du chantier et du poids que l’équipe manipule. Voici comment examiner un lot, matériau par matériau, et à partir de quand un plancher doit être écarté.
Avant de contrôler : savoir ce qu’on attend du plancher
Un plancher se juge par rapport à son usage. Pour la peinture et le nettoyage, une classe 2 ou 3 (1,50 à 2,00 kN/m², soit environ 150 à 200 kg/m²) suffit le plus souvent. Pour la maçonnerie ou le stockage de matériaux, on vise les classes 4 à 6 (3,00 à 6,00 kN/m²), atteintes en général par des planchers acier sur des travées adaptées. Notez aussi le système et le mode d’appui (traverse en U ou lisse tubulaire) : un plancher impeccable mais prévu pour un autre système ne vous sert à rien. Les types sont comparés dans l’article planchers d’échafaudage comparés.
Pour l’examen lui-même, prévoyez un sol plan, une bonne lumière, des gants et une brosse métallique pour dégager un marquage. Contrôlez par échantillons dans plusieurs piles, pas seulement sur le dessus : les pièces du haut sont souvent les plus belles.
Planchers acier : griffes, perforations, zinc
L’acier est le cheval de labour de l’échafaudage : très durable, incombustible, peu sensible aux chocs. Trois zones méritent l’attention.
- Les griffes d’accrochage : ni tordues, ni ouvertes, ni fissurées. Ce sont elles qui assurent l’assise sur la traverse en U ou sur la lisse ; une griffe écartée laisse jouer le plancher.
- La surface antidérapante : perforations ou bossages ne doivent pas être bouchés par du béton ou de la peinture au point de rendre la marche glissante. Un lot très encroûté se nettoie avant usage.
- La galvanisation : taches et teinte terne sont normales. Une rouille qui traverse la tôle sur les bords du profil ou aux soudures des griffes est éliminatoire.
Regardez aussi le plancher de profil, posé à plat : il doit être rectiligne. Une flèche visible sans charge trahit une surcharge passée.
Plateaux alu, combi et trappes : profil, panneau, mécanique
Les planchers légers ménagent les monteurs et accélèrent montage et démontage. Leur contrôle porte sur d’autres points.
- Le profilé aluminium : pas de fissure, pas d’enfoncement profond, pas de bord écrasé. Une fissure dans un profil alu ne se répare pas.
- Le panneau contreplaqué des plateaux combi : ni pourriture, ni fente, ni zone gonflée ou molle sous le pied, ni délaminage sur les chants. C’est la partie qui vieillit le plus vite.
- La trappe et son échelle : charnières et verrouillage fonctionnent sans forcer, le portillon retombe à plat, l’échelle intégrée est droite, avec tous ses barreaux et ses fixations.
Fonction et dimensions de ces plateaux sont décrites dans la fiche plancher à trappe avec échelle.
Madriers bois : marquage et état des fibres
Le bois est la solution la moins chère à l’achat, mais celle qui s’use le plus vite. Deux règles :
- Le marquage : seuls des madriers classés pour l’échafaudage, avec leur marquage, offrent une portance connue. Une planche sans identification ne se pose pas comme plancher.
- Les fibres : abouts éclatés, chants qui s’effilochent, entailles profondes, fentes traversantes et traces de pourriture réduisent fortement la résistance. Un madrier qui sonne creux ou dans lequel la pointe d’un tournevis s’enfonce sans effort est perdu.
Vérifiez enfin les feuillards ou ferrures d’extrémité quand il y en a : desserrés, ils laissent la fente progresser.
Les trois motifs de rebut immédiat
Quel que soit le matériau, un plancher sort du parc sans discussion quand :
- il reste fléchi alors qu’aucune charge ne repose dessus (déformation permanente) ;
- une soudure de griffe ou le profilé alu présente une fissure ;
- le verrou qui empêche le soulèvement ne se ferme plus comme il faut.
Le dernier point est souvent négligé : un plancher qui n’est plus verrouillé peut être soulevé par une rafale venant du dessous. Le rôle de ce dispositif est expliqué dans la fiche verrou anti-soulèvement. Les pièces écartées ne se redressent pas et ne se ressoudent pas : on les marque et on les sort du stock pour qu’elles ne repartent pas sur un chantier.
Grille de décision
| Constat | Acceptable | À écarter |
|---|---|---|
| Zinc terne, taches blanches | Oui | – |
| Rouille de surface | Oui, après brossage | Rouille qui perce les bords du profil |
| Griffes | Salies mais droites | Tordues, ouvertes ou fissurées |
| Perforations encroûtées | Après nettoyage | Surface devenue glissante |
| Profil alu | Rayures | Fissure, enfoncement profond |
| Panneau contreplaqué | Taches | Pourriture, gonflement, délaminage |
| Madrier bois | Grisé en surface | Fente traversante, about éclaté, sans marquage |
| Assise sur l’appui | Plancher bien à plat | Plancher qui bascule sur la traverse |
Après l’achat : réception, stockage, vérifications
À la livraison, comptez et triez par longueur et par type, mettez de côté ce qui a souffert au transport et signalez-le tout de suite. Stockez les planchers à plat, sur bastaings, hors de l’eau stagnante, sans charge lourde sur les griffes ; les panneaux bois doivent pouvoir sécher. Sur le chantier, l’état des planchers fait partie des examens prévus par la réglementation (vérification avant mise en service, vérification journalière, vérification trimestrielle), et les défauts relevés se notent dans le registre. Les règles d’entretien sont détaillées dans l’article entretenir et stocker son échafaudage.
Chez CETRAC, les planchers d’occasion passent au contrôle à Leipzig, où ils sont aussi classés par système, avant d’être mis en vente, selon la démarche décrite sur la page notre contrôle qualité. Les planchers disponibles, acier, aluminium ou à trappe, figurent dans la rubrique planchers d’occasion.